Nous avons fait quelques pas afin de répondre à cette question à une petite dizaine d’intéressés. Le café philo a depuis ses débuts couvert une centaine ou plus de thèmes, et c’était avec délectation que nous avons ouvert ce nouveau chapitre dont le titre devrait rappeler quelques souvenirs à beaucoup.
Nous évoquons l’égo, et la tristesse afin de définir le sujet, en soulignant qu’aimer ne fait pas souffrir mais qu’attendre un amour qui ne vient pas, oui. Certains qui reconnaissent aimer avoir le dernier mot, pensent que le thème est psychologique. Admettons. Donc bienvenue au café psycho pour ce coup-ci !
D’aucuns regrettent à postériori que nous n’ayons pas plus creusé l’éthymologie des trois termes en présence : amour, toxicité, et réciprocité. Pour le peu que nous l’ayons fait, nous définissons l’amour comme ce sentiment singulier de boule au ventre, d’envie de chanter dans la rue, voir un coup de foudre qui s’abat (plus rare). De même il est dit plus tard que la toxicité correspond à abîmer la confiance en soi et l’estime de soi qu’une personne peut alimenter.
Un sceptique pense que nous pouvons envisager une relation humaine, mais que la construction mentale que nous faisons de l’amour est impossible à développer méthodologiquement. L’âme, comme l’amour, seraient voués à ne rester que des constructions mentales inutiles au chercheur en philosophie ou en psychologie : lui est rétorqué que les ressentis peuvent être véhiculés dans la communication.
Aragon nous dit que l’amour heureux n’existe pas. Darwin que l’amour est un stratagème de reproduction. S’il est difficilement compréhensible, alors ici on observe qu’il n’est pas si irrationnel qu’il n’y paraît !
Nous n’arrivons pas à trancher à savoir si l’amour est clairvoyant ou aveugle.
Nous élargissons un peu le sujet aux autres types d’amour que le conjugal ou simili : amour parental et filial, amitié, foi, artistique, idôlatre, etc. Encore une fois, la thèse biologique s’impose : l’amour parental est une nécessité vitale à la survie des espèces.
Nous mentionnons les cas où l’on est amoureux d’une personne qui ne nous connaît pas et où rationellement on ne peux attendre de retour.
Nous distinguons le fait d’aimer avec intérêt, voué au court terme, et d’aimer en acceptation des « irrégularités » qui confèrent aux amours une stabilité dans le temps.
Nous dérapons sur les cas Depardieu et Cantat.
Nous considérons la souffrance d’aimer comme des moments importants de la connaissance de soi. Nous rappelons que les philosophes antiques préconisaient à qui veux bien l’entendre de se méfier de ses propres passions. Nous explicitons comment les relations conflictuelles qui naissent sur un terreau amoureux peuvent complètement nous dominer ; et que par moment, il nous faut un surmoi très fort (Dieu par exemple) pour ne pas alimenter la haine.
Nous citons le cas de ceux qui préfèrrent ne pas s’engager émotionnellement car le danger est trop grand de souffrir ou de faire souffrir. Nous nous souhaitons le bonheur d’aimer avec clarté et équilibre.
Nous proposons également de savoir s’arrêter d’aimer si la situation nous y ammène, pour ne pas rester coincé dans des polémiques ou des violences. De l’art du deuil pouvons nous dire.
Nous spécifions le rôle de l’éducation et du cadre parental, qu’il nous apparaît difficile de ne pas reproduire pour tout ou partie.
Nous reconnaissons que ce café philo (ou psycho) laisse apparaître dans nos échanges une véritable confrontation, car nous ramenant chacun à ces moments douloureux de l’existence. Pour le sondage « quelqu’un connaît il un couple qui n’ait pas souffert de leur amour ? », le silence règna.
Comme pour la dernière fois (voir le compte-rendu sur la procrastination), nous imaginons un changement générationnel, où dans le temps, les couples se construisaient sur la durée, de manière ultra conventionnelle. La question se pose du bienfondé personnel à trouver dans la construction d’un couple avec moins d’amour et moins de problèmes dits d’égo…
Nous nous questionnons carrément sur le bienfondé du monogamisme afin d’être moins dans une attente irréaliste de nos projections amoureuses !!! Où est l’élévation de nos consciences ?
Reste qu’une vie sans amour doit être bien triste ! Que l’indifférence est désagréable. Que l’on est jamais aussi généreux que quand l’on est pauvres ! Que pour être « aimable » il faut être humble.
Nous évoquons brièvement le cas des prostitués (majoritairement féminins).
Nous questionnons les liens entre convention, intérêt, ambiguité et moral. Nous nous invitons à sortir de nos conditionnements pour réfléchir à notre cause avec hauteur. Puis l’amour commence où le calcul s’arrête.
Pour la prochaine édition de notre rendez-vous philosophique, nous hésitons entre vaisselle, impuissance et déterminisme. Nous vous tiendrons informés.
Le mot de la fin revient à Taleyrand qui préconise d’être économe de son mépris car il y a bien trop de nécéssiteux.